Rencontre avec MiniLune

C’était le 1er janvier. Minuit avait sonné, les feux d’artifices avaient brillé. Je m’étais autorisé une petite coupe de champagne pour l’occasion, Noël m’étant déjà passé sous le nez, j’étais bien décidée à réussir mon Nouvel An.

Au moment de partir, MiniLou exprima le souhait de rester chez ses grands parents. C’était une bonne idée, me voilà rassurée de la savoir chez eux si tenté que ce bébé se décide à montrer enfin le bout de son nez tant attendu!

Les au revoir sont difficiles… MiniLou a peur de cet évènement imminent, elle me dit même que finalement elle ne veut plus être grande soeur, elle qui a tellement rêvé de le devenir. Mon coeur se brise, j’ai l’impression de l’abandonner.

Sur le trajet du retour je n’arrête pas de pleurer, je ne veux pas la laisser. Je veux être auprès d’elle, de la rassurer, de la garder contre moi jusqu’à la fin de mes jours.  Et au moment de me coucher je sens tout le poids de la culpabilité qui s’enfuie le long de mes joues. J’ai l’impression de me vider de toutes mes larmes. Je l’abandonne, j’y suis contrainte. Je m’y accroche tellement fort, mais je suis obligée de la laisser pour faire une place à ce petit être à l’intérieur de moi.

Mon ventre se tend une fois, deux fois, trois fois. Il a compris… Le travail commence enfin. Je ferme les yeux, je suis sur mon bateau et les vagues me transportent et me brisent.

Il est 7:00 du matin lorsque je me décide à réveiller mon mari. Je pense que la poche des eaux s’est fissurée, il vaut mieux que j’aille faire un contrôle à la maternité.

Lorsque nous arrivons sur place, les contractions sont beaucoup plus intenses mais supportables. Ce n’est pas la poche qui s’est fissurée mais ils ne veulent pas me laisser rentrer car je suis déjà dilatée à 5-6 cm et mon col est mou. Le temps passe et j’arrive de moins en moins à communiquer. Je suis tellement fatiguée que je tente de dormir un peu. A midi on m’apporte un plateau repas que je cède à mon mari. J’ai déjà vomi plusieurs fois sur le coup de la douleur, mais le col ne s’est pas beaucoup dilaté. Nous décidons donc de passer en salle d’accouchement afin de percer la poche des eaux pour accélérer le travail.

Il est 13:00 lorsque je rentre en salle. Au moment de me lever pour grimper sur le lit je ressens une drôle de sensation le long de mes jambes. Cette fois ça y est, plus de doute, la poche s’est bien fissurée. La sage-femme décide néanmoins de la percer quand même car elle continue de bomber un peu à chaque contraction. Nous nous retrouvons seuls dans cette salle prévue pour les accouchements physiologiques. Je voudrais descendre pour faire un peu de ballon mais je suis submergée par une contraction d’une puissance indescriptible. Mon mari appelle la sage-femme qui accoure surprise de l’évolution rapide du travail. Elle allume le robinet afin de remplir la baignoire, mon souhait étant d’accoucher dans l’eau mais une autre contraction encore plus puissante que la précédente m’immobilise avant que je n’ai pu descendre du lit. « C’est trop tard pour la baignoire » me dit-elle. C’est le moment de pousser, je le ressens au plus profond de moi-même. Je me bats contre ces vagues qui tentent de m’emporter et je tiens le cap de toutes mes forces. Je traverserai cette tempête malgré la douleur indescriptible. Je reconnais cette sensation, comme si tout mon corps se déchirait, et je pousse de toutes mes forces encore et encore sans m’arrêter.

[Il aura fallu 3 poussées avant que MiniLune soit posée sur mon ventre. Je pleurais sans m’arrêter. Ce que je venais de vivre était d’une violence hallucinante. Tout est allé tellement vite que je n’ai pas eu le temps de réaliser.]

Elle est enfin là, mais elle ne pleure pas…

On masse son petit corps et elle pousse enfin son premier cri. Nous avons demandé à laisser le cordon s’arrêter de battre naturellement avant de le couper. Les pédiatres entrent en salle, il faut qu’on l’aide à respirer. Elle est arrivée trop vite et a bu la tasse m’explique-t-on.

Au moment de couper le cordon, je n’ai pas le temps de comprendre ce qui se passe mais les pédiatres l’emmènent avec eux. Mon mari les suit et je me retrouve donc seule en salle avec ma sage-femme.

[Quand MiniLune est venue au monde, elle avait le cordon autour du cou. Au moment de sortir elle a été expulsée si rapidement qu’elle a avalé un peu de liquide amniotique qui contenait du méconium. Il a donc fallu lui extraire rapidement le liquide afin de l’aider à respirer.]

Lorsque mon mari revient avec MiniLune dans ses bras, plus rien n’a d’importance. On me dit qu’il va falloir rester une nuit en observation alors que je devais rentrer le jour même, mais peu importe… Plus rien n’existe à part elle, à part nous. Elle prend le sein sans aucune aide, et je l’observe attentivement. C’est déroutant, elle ressemble tant à MiniLou que j’ai l’impression de me retrouver 4 ans auparavant avec le même bébé.

Pendant toute ma grossesse, j’ai nourri la crainte de ne pas savoir aimer ce bébé autant que sa grande soeur. Et pourtant en cet instant précis je n’ai plus aucun doute quant à l’amour de je ressens. Je suis une femme accomplie. J’ai deux merveilleuses princesses dans ma vie, mes filles: MiniLou & MiniLune. Je les aime d’un amour infini et je suis reconnaissante en la vie de m’avoir donné la chance d’être la maman de chacune d’elle, et d’avoir partagé cette belle aventure avec cet homme extraordinaire qu’est mon mari.

 

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