Une nuit pas comme les autres.

C’était le 22 février 2008. Il avait passé toute sa journée à m’ignorer dans que je sache pourquoi. Un ami à lui était passé à la maison et s’était même inquiété de son attitude à mon égard.
Je ne sais pas quelle heure il était exactement, mes souvenirs de cette soirée sont un peu flous… Après un flots d’insultes, je me suis réveillée de ma léthargie, s’en était assez, j’avais moi aussi des choses à lui dire et je voulais être entendue. Je me rappelle m’être assise à califourchon sur lui, lui maintenant les mains au dessus de la tête pour l’empêcher de me repousser avec une force herculienne sortie de nulle part et probablement alimentée par l’adrénaline. Je lui ai dit que ça ne pouvait plus durer, mais il ne m’a pas entendue. Je ne sais plus dans quel ordre les choses sont arrivées, je sais qu’il m’a lancé des objets dessus, dont une bouteille en verre remplie de sable. Je me rappelle qu’il m’a mordu alors que je me tenais au radiateur de l’entrée par peur qu’il ne me passe par dessus la rembarde comme notre matelas. Je me rappelle qu’il m’a tiré par les cheveux pour que j’aille récupéré le dit matelas dans la cour de l’immeuble… Je me rappelle avoir eu peur pour ma vie, avoir crié à l’aide, l’avoir menacé avec un minuscule couteau de cuisine, que j’ai fini par lâcher… Je n’aurai jamais pu le planter!
La violence de la situation m’a menée ailleurs, en dehors de mon corps, lui seul en a gardé le souvenir.
La police a sonné à la porte, il s’est enfermé dans notre chambre. Je me suis mise à pleurer, ça y est j’étais sauvée!
Il est parti en ambulance, ma mère est arrivée. On nous a escorté jusqu’aux urgences. Dans la salle d’attente où nous avons passé des heures, ça sentait le vomi… Je me rappelle qu’on m’a demandé de me déshabiller, qu’on ne m’a pas fait de radio, qu’on a pris en photo la marque de sa morsure sur mon poignet et que le médecin m’a laissé partir avec une ordonnance pour des dafalgans. Le lendemain j’avais un énorme hématome sur la cuisse, certainement dû à l’impact de la bouteille en verre qu’il m’avait lancée dessus.
J’ai dû aller chercher mes affaires à l’appartement, avec 6 policiers pour assurer ma protection vu qu’il ne souhaitait pas quitter notre domicile. Ses parents m’ont traitée de menteuse, ça ne sera pas les seuls… Ma propre mère m’a eu dit que je l’avais bien cherché, ma sœur V. que je choisissais toujours des hommes bizarres… Bons nombres d’amis prendront son parti…
Au procès qui aura lieu le 13 octobre 2008, la juge, pourtant une femme me dira: « je vous conseille d’abandonner les poursuites car vous vous êtes défendue, l’accusé avait des marques de griffures dans le cou » alors j’ai abandonné. Plus que la justice, j’avais le besoin de tourner cette page de ma vie. J’avais rencontré quelqu’un d’autre, quelqu’un que j’ai épousé 3 ans plus tard et avec qui j’ai construit ma famille.
Alors j’ai mis de côté la fois où il m’a empoignée le bras tellement fort que j’en ai gardé la marque, la fois où il me hurlait dessus comme un hystérique pendant que je faisais la vaisselle et que j’ai fini par lui balancé de l’eau en plein visage pour qu’il se calme, mais qu’il m’a foutu une beigne tellement forte que je me suis écrasée comme une merde tête la première sur le sol de la cuisine. Toutes ces fois où il rentrait du travail et trouvait une maison propre, et qu’il balançait sa bouteille de coca en plastique à travers la pièce après l’avoir terminée pour me signaler que je n’avais qu’à ramasser…
Je ne sais pas pourquoi j’ai eu envie de raconter cette histoire aujourd’hui… Sûrement parce que j’ai vu l’illustration de Fanny Vella sur les réseaux sociaux qui a fait remonter mes souvenirs, ou peut être parce que je ressens le besoin de poser ça quelque part pour m’en débarrasser et continuer mon chemin. Peut être aussi pour dire merde à toutes ces personnes qui ne m’ont pas crue… Voilà mon histoire, faites-en donc ce que voulez, croyez-moi ou pas… Ça ne changera plus rien !
Et puis aussi pour dire merci à ce héro silencieux que je n’ai jamais rencontré, mais qui a appelé la police cette nuit là, je ne sais pas s’il aurait fini par me tuer, probablement pas… Mais ça n’empêche que malgré tout, il m’a sauvé la vie cette nuit-là.

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Propulsé par WordPress.com.

Retour en haut ↑

%d blogueurs aiment cette page :